Interview : Young Ice’s Babe

Salut les amis ! Comme vous le savez, la Trousse à Culture, c’est la culture PAR et POUR les étudiants. Le 6 octobre nous avons eu la chance de rencontrer Young Ice’s Babe accompagné de son producteur et beatmaker Jayel Flex avant leur concert au Hublot. Deux mecs vraiment cool qui ont accepté de nous accorder une interview…


img_7343_-_copie

Etudiant en psychologie à la fac de lettres de Nancy, Young Ice’s Babe, ou Y I B, nous vient d’Epinal et est originaire du Gabon. Jayel Flex, DJ Yel, ou Flex comme l’appelle son ami, arrive lui tout droit de Reims.

Young Ice’s Babe, comment as-tu trouvé ton nom ?

J’aime beaucoup Lil Wayne ; je ne sais pas si tu as entendu parler de son label Young Money ? J’aime bien la calligraphie, la façon dont ça s’écrit, et je cherchais un blase qui s’écrivait pareil, un peu pour les autographes ahah.

Sinon j’ai toujours été un Peter Pan. Young Ice’s Babe ça exprime une sorte de Peter Pan cristallisé dans un corps d’adulte.

Pourquoi t’as décidé de rapper en anglais plutôt qu’en français ?

J’ai toujours été influencé par la musique afro-américaine. Ca me vient plus facilement d’écrire en anglais, mes premiers textes étaient dans cette langue et puis je me suis habitué à composer comme ça.

Tu penses que ton flow passe mieux en anglais qu’en français ?

Même pas ! Apparemment c’est plus facile de passer d’un rap en anglais à un rap en français que l’inverse. D’après ce que je ressens quand j’envoie en français, je dirais que les deux langues sont presque équivalentes pour moi.

Tu peux me parler des messages que tu essayes de faire passer dans ta musique ?

A la base, j’étais un grand humaniste, qui voulait faire passer que des messages de paix, d’amour, de liberté et d’équilibre dans mes textes. Maintenant j’essaye aussi de faire passer des messages de fête, de chill, d’amour et de reconquête. Je fais aussi du story-telling : c’est une technique de rap qui consiste à raconter des histoires en se mettant dans la peau d’un personnage.

Ce soir tu te produis avec Jayel Flex. Comment vous avez été amenés à collaborer ?

Y I B / On est développeur d’un  projet, un extraterrestre, qui est au cœur de notre collaboration.

Flex / En fait Young Ice est aussi compositeur, il fait lui-même sa musique. On s’est rencontré via une communauté « Secret Beatmaker » il y a deux ans. Il avait écouté ma musique et il voulait qu’on fasse une collaboration; comme on n’habitait pas très loin (Nancy-Reims), je l’ai invité à venir et on a fait un morceau. On avait déjà fait un morceau à distance, je lui avais envoyé une instru et il avait enregistré chez lui. On avait un côté autonome, on arrivait à avancer même à distance. En se voyant en vrai on a composé d’autres morceaux, et puis on s’est dit que notre collaboration pouvait aller au-delà de la composition, on pouvait aussi faire des scènes ! C’est là où on a pensé à préparer un show, qui nous permettrait d’avoir plus d’impact qu’un MC seul.

On a eu la chance de pouvoir faire une résidence à la Cartonnerie, une salle de spectacles à Reims, qui nous a permis de commencer à développer un début projet à la scène. Avec l’aide d’un ingénieur du son et d’un ingénieur lumière, on a pu bien mixer nos productions. Ca nous a mis dans une bonne dynamique, Young Ice a trouvé des dates, il a été invité à pas mal de concerts, et puis on a continué sur cette voie.

YIB / On a également participé au dispositif Multipistes. Ca nous a permis de restructurer ce qu’on avait déjà fait, de prendre un peu plus d’aisance sur scène.

Flex / De nous lancer presque professionnellement en quelques sortes !

Y I B / Voilà, c’était une démarche de professionnalisation haha

Flex / Mais ce qu’il  nous manque vraiment pour être professionnels, c’est le temps. On ne trouve pas toujours le temps de se voir, de créer et développer ce qu’on a dans la tête. On a beaucoup de projets, mais on a aussi besoin de beaucoup de temps pour les développer.

Justement, ça se passe comment quand vous composez ?

Y I B / Ca dépend. Je t’avoue que Flex est un des meilleurs beatmaker que je connaisse, quand il m’envoie une production ou qu’il a un bon feeling sur une production, je suis presque obligé d’y adhérer, il est super convaincant ! Donc en général ça se passe comme ça : à chaque fois que je vais à Reims, j’ai toujours une petite surprise, quelques petites production rien que pour moi. Je les écoute, et quand j’ai un bon kiff sur certaines, j’écris directement. Après on passe à l’enregistrement si on a le temps et le matériel pour.

Flex / C’est vrai que pendant une bonne année j’ai proposé un certain nombre de prods qui pouvaient coller à son projet.

…un projet tu dis ?

Haha… En ce moment, on fait vraiment des concerts pour s’amuser, avec des sons qui envoient pour faire bouger la foule. Ca nous permet vraiment de prendre nos marques, de voir ce qu’on est capables de donner sur scène, et de voir ce qu’on pourrait tirer de ces scènes là pour développer un nouveau show…

En avril, tu as sorti un clip « Mindstates » avec NuitBlanche Production. Ce n’est pas le premier clip que tu réalises avec eux, tu peux nous en dire plus ?

Y I B / C’est une super équipe de production avec laquelle j’ai eu l’occasion de travailler quand j’étais à Epinal. C’est l’une des prods avec lesquelles j’ai enregistré mes premiers titres. On a tourné le clip de Mindstates il y a quelques mois, pourtant c’est un son qui a déjà 3 ans, ce n’est pas le genre de chose qu’on a l’habitude d’entendre aujourd’hui. C’est aussi  un des titres phares de mon EP Mindstates.

De nouveaux titres en préparation ?

Y I B / On prépare avec Flex un EP de 8 titres pour 2017, il aura une ambiance vraiment très posée. D’ailleurs on va l’appeler « Poseidon » comme le dieu des flots, parce que c’est un EP assez riche en flow, avec pas mal de productions de Flex et quelques unes de moi. Ca va être un peu ma grande sortie au public en tant que producteur. Il a déjà été enregistré, ça s’est fait un peu à droite et à gauche, en fonction du feeling, on n’a pas de studio prédéfini.

Flex / Et là c’est moi qui lâche l’info, Young Ice prépare un autre EP, tout seul…

Y I B / Yes, mais il y aura sûrement un featuring avec Flex dessus ! Il va s’appeler « Mood », ce sera un peu la suite de Mindstates. Il y aura 14 titres, dont certains qui sonnent très moderne et qu’on entend actuellement aux Etats-Unis.

Flex / Pour cet EP il avait préparé une panoplie de sons qu’il m’a fait écouter, il n’en a gardé que les balles pour pouvoir proposer l’EP le plus qualitatif possible et pouvoir continuer à monter…

En parlant de monter, tu as déjà fait plein de choses. Je pense au tremplin du Printemps de Bourges…

Y I B / Exact ! J’ai fait aussi le Buzz Booster, un tremplin national, je ne suis pas allé très loin mais c’était une bonne expérience. Le tremplin qui m’a le plus porté était vraiment le Printemps de Bourges, dans le sens où je suis allé jusqu’au bout de l’accompagnement.

Ces tremplins sont une bonne occasion de se faire connaître, ça te donne aussi une certaine expérience de la scène. Tu commences à en avoir pas mal d’ailleurs ?

Y I B / Yes ! On a fait le Jardin du Michel cette année, c’était ma plus grosse expérience de la scène.

Flex / C’était la plus lourde expérience en effet ! Surtout que je suis arrivé en retard, à deux minutes du début du show… En fait, je suis arrivée par la mauvaise entrée et tout était bloqué, j’ai dû faire tout le tour du festival pour réussir à rentrer. Les mecs s’apprêtaient à lancer le son, j’ai branché tout mon matériel en speed, on n’a pas fait de balance et on a commencé à jouer. On était vraiment stressé, mais on a réussi à convertir ça en bonne énergie et on avait la rage ce jour- là ! En plus c’était super impressionnant, le chapiteau était rempli, il y avait encore une vague de gens autour qui s’approchaient pour nous écouter, on n’en revenait pas !

Si je te demande ton meilleur souvenir de scène, c’est probablement celui-ci alors ?

Y I B / Oui je pense. Mais il y avait aussi la Cartonnerie, c’était la première scène qu’on a fait. Je ne m’y attendais pas, c’était comme un coup-monté tellement c’était beau ! Je me suis dit « dans la vie tu fais pas tous les jours des trucs aussi beaux ».

Flex / C’était au tout début de notre collaboration, on avait fait la première partie de Joke. Je bossais à la Cartonnerie à l’époque, j’y faisais des ateliers de MAO. Ils nous ont offert 2 jours de résidence pour pré-régler le son, et ensuite le finaliser dans la grande salle avec les lumières etc…

Et ce soir, comment tu sens le show ?

Y I B / Ca sonne bien dans la salle, je pense que ça va être terrible, comme d’habitude ! En plus on a quelques nouvelles surprises…

Vous pouvez le suivre sur sa page Facebook.

Vous pouvez aussi télécharger ses sons gratuitement et légalement (il insiste !) sur les plateformes : Soundcloud et Bandcamp.

Et l’avis de la Trousse ?

Young Ice’s Babe, un artiste prometteur qui ne demande qu’à être découvert ! On a juste envie de s’asseoir autour d’un verre avec lui et de partager sa passion.  Ne manquez pas non plus d’aller le voir sur scène !

La Trousse à Culture remercie les Nancy Jazz Pulsations, Young Ice’s Babe et Fayel Flex pour avoir répondu à ses questions, Mariane pour son accueil, Mickael Grangé pour la photo et le Hublot.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s